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Ponkine I. Sécularisation et identité

 

La sécularisation est considérée comme le processus et le résultat de la réduction de l'influence de la religion de la conception religieuse du monde, de la culture, du rôle et de la participation des associaton religieuses - aux sphères diverses de la vie sociale.

La tendance et le caractère des processus de la sécularisation dans n'importe quel pays dépendent du modèle de l'Etat laïque ou non laïque qui y est réalisé.

Dans l'Etat ayant pour modèle une quasi-religion seculaire, la sécularisation est remplie dun tout à fait autre sens, que dans les Etats laïques, et se transforme en répression de la religion comme l'adversaire de la quasi-religion seculaire d'Etat. Cela est accompagné des poursuites de la clergé, des serviteurs du culte et des croyants, de l'interdiction ou de la restriction rigide des possibilités du sermon religieux et la diffusion de la religion, de l'affirmation active et de l'imposition de la quasi-religion seculaire d'Etat. Lorganisation des cercles pour étudier la religion, lorganisation du pèlerinage vers des lieux sacrés pour les croyants, lorganisation de la bienfaisance des associations religieuses tout cela est annoncé comme les délits sérieux, pour linterdire.

Aux Etats-Unis, où est partiellement réalisé le modèle de la quasi-religion seculaire, les processus de la sécularisation portent le caractère de l'opposition active et de la contre-action des cultures. À l'avis du sociologue D.D.Hanter, actuellement aux Etats-Unis les essentielles guerres des cultures sont déjà liés non aux relations tendues entre le protestantisme, le catholicisme et le judaïsme, mais aux entraves entre les flancs plus traditionnels de ces religions et l'orientation "progressive" liée au sécularisme des Lumières .

Dans les états aux modèles - préférentiel, de contamination, identificatoire et, partiellement, équipotentiel - se font les tentatives de la sécularisation modérée et raisonnable comprenant les actions de la "réconcilliation" de la laïcité et de la piété dans le cadre de la législation en vigueur.

Les partisans de la sécularisation parlent de sa neutralité envers toutes les associations idéologiques, mais cela nest pas tout à fait réel. U.K.Duraime (U.S.) fait attention à ce que le sécularisme, engendré à l'époque des Lumières, passe souvent pour la position "neutre" et "scientifique", mais, au point de vue des religions mondiales, cela peut être n'importe quelle position, mais pas seulement la position neutre, et de plus en plus elle est considérée comme une source de la menace pour les groupes divers religieux[1].

Selon le membre du Conseil d'Etat de la République française J. M. Belorgey, la compréhension erronée de la laïcité et de la sécularisation pourrait amener, en définitif, aux problèmes sérieux dans la société, c à d que la sécularisation n'est aucunnement la lutte antireligieuse, léjection de la religion de la société ou la réduction de la religion au facteur culturel. La lutte contre la foi provoque l'irritation et amène à lintégrisme, au millénarisme, au messianisme avec leurs méthodes de violation. Les formes que revêt la restitution de la foi en Russie et, particulièrement, dans les anciennes républiques soviétiques, ne parlent pas au profit de ces méthodes antireligieuses, appliquées à lepoque soviétique. La mauvaise volonté de la France dadhérer l'Islam à sa structure de la sécularisation a amené au rejaillissement du fondamentalisme islamique. Mais la sécularisation ne sous-entend aucunement la prise par l'état de la gestion de la religion, ce qui , à côté des poursuites, était une particularité curieuse de la stratégie soviétique. Ce que le monde sécularisé refuse à l'Eglise, - l'infaillibilité, l'integrité et transcendance, se rapporte en pleine mesure à l'Etat aussi. Ici simpose une question rigide sur la légitimité du droit de l'Etat dexécuter le rôle réglant dans la sphère spirituelle, sur la possibilité pour les instituts religieux daccepter cette gestion extérieure[2].

La sécularisation aujourd'hui pour plupart des gens est cet outil séduisant, à l'aide duquel ils tentent de résoudre ses problèmes privés ou réaliser ses intérêts privés aux frais de la société. La sécularisation est traitée souvent comme la garantie de la priorité des valeurs de toute lhumanité sur des valeurs de la culture nationale. Mais l'humanité n'est pas l'abstraction. Il serait absurde de parler des droits de lhomme, sans voir et sans comprendre, que l'humanité comprend les gens concrets, les nations concrètes, les peuples, les groupes ethniques et religieux.

Souvent, certains sociologues de la religion et des spécialistes en religion transfèrent son attitude personnelle à n'importe quelle organisation religieuse sur le résultat de son activité scientifique, en adaptant les estimations de la quantité de croyants en Russie avec la conclusion, dont il ont besoin, et en faisant les déclarations mal fondées concernant lidée:  croyants véritable peu nombreux en Russie, et que par exemple, les orthodoxes en Russie font 8 %, 4 % ou en général 2 %.

L'Etat n'a pas le droit d'intervenir aux affaires intérieures religieuses des groupements religieux et détablir ses propres critères de l'estimation de la piété, et de faire la différenciation des croyants entre vrai ou faux ( valable  ou  non valable), au point de vue de lEtat. Ce n'est pa une sphère de compétence de lEtat, mais exceptionnellement des associations religieuses. D'autant plus que souvent de différentes organisations religieuses d'une même religion ne peuvent pas tomber d'accord, sur qui peut être estimé comme  le croyant . A.Malashenko constate, que selon les sondages sociologiques de lépoque soviétique, les croyants faisaient de 2/3 jusqu'à 3/4 de populations[3]. Vers le début du XXI s. la quantité de citoyens exprimant l'appartenance ou lattitude préférable envers lune ou lautre religion, s'est agrandie considérablement. Si avec cela il sagit seulement de 5 % dorthodoxes, alors que les musulmans et les protestants reconnaissent, quils sont moins, que les orthodoxes, alors simpose la question : qui dans fait la partie principale des croyants ? Sans entrer à la critique de l'inconsistance scientifique et des incorrections de l'expression le croyant véritable , nous noterons, quen Russie réside une grande quantité de citoyens, qui, bien quils ne correspondent pas aux critères du croyant imposés par soi-disants  sociologues , néanmoins sont les croyants orthodoxes, véritablement en sidentifiant avec l'orthodoxie. On connaît l'énonciation d'Edward Gibbon : Les peuples estimaient les formes diverses du culte également véritables, les philosophes - également fausses, mais les administrateurs - également utiles.

En août de lan 2001 le centre indépendant des recherches ROMIR (Russie) a effectué le sondage de l'opinion publique consacré à l'autoïdentification religieuse des citoyens de notre pays. 2000 personnes ont été interrogées an total. Comme sest révélé à la suite du sondage : 73,6 % de répondants sidentifient comme orthodoxes, 4 % se sont identifiés comme musulmans. Moins de 2 % de répondants sidentifient avec d'autres branches du Christianisme (le Catholicisme et le Protestantisme) y compris, ou bien appartiennent à d'autres confessions, 2,3 % de répondants ont été embarrassé avec l'autoïdentification religieuse, 18,5 % de participants au sondage se croient athées[4].

Dans les articles de certains publicistes on entreprend les tentatives mal justifiées d'introduire dans la conscience publique les crètères de la personne croyante qui ne correspondent pas à ces notions. Par exemple, V.Belov écrit : Cependant on ne peut pas être orthodoxe à n'importe quel degré (selon le baptême, l'éducation, l'autoïdentification nationale ). On peut lêtre seulement selon la foi. Le véritable membre de l'église est obligé de visiter les offices divines, davoir la connaissance raisonnable de l'objet de la foi, de se confesser et de communier régulièrement, dobserver le jeûne [5].

Mais le terme l  autoïdentification véritable suppose justement que le citoyen se rapporte tout seul à tel où tel groupement sociale, religieux, idéologique ou éthnique, exprime lui-même son identité nationale, culturelle ou religieuse.

Le crètère de la fréquence (ou de la régularité) des visites à léglise nest pas le critère incontestable et complet de lestimation de lidentité religieuse de la population. LEtat nest pas en droit dévaluer lauthenticité et la plénitude de la foi des citoyens. LEtat pourrait estimer seulement les caractéristiques totales quantitatives des citoyens exprimant lappartenance ou la préférence à telle ou telle religion, ou bien à nimporte quel groupement religieux représentant celle religion. LEtat est aussi en droit destimer la littérature théologique, spirituelle concernant la présence ou labsence dans celle-ci des thèses, propageant linfériorité des citoyens selon lindice de leur attitude envers la religion, la nationalité, la race, ou bien visant à lexitation de lhostilité religieuse (interconfessionnel), nationale (internationale) et raciale.

Il est à noter le jugement de la Cour Suprême de lEspagne du 2 novembre 1987 qui stipule que lEtat nest pas en droit de définir ce qui est le but religieux et ce qui ne lest pas. Dans ce jugement était dit que lEtat ne pourrait pas dicter ou estimer les buts religieux, mais ne pourrait quétablir certains critères formels et ce qui leur correspond.

Planifiant et en réalisant ses relations avec des congrégations religieuses, lEtat doit tenir compte du sondage sur lévaluation du nombre de citoyens sidentifiant avec telle ou telle religion ou sy opposant comme, par exemple, des athées.

LEtat nest pas en droit dexiger à quiconque lidentification de son appartenance religieuse parce que, - conformément à larticle 9 (titre 3) de la Constitution de la Fédération de la Russie, - personne ne peut être contraint dexprimer ses opinions et ses convictions, ou bien de les refuser. Cest pourquoi lEtat ne pourrait que fixer lidentification religieuse de chacun ou lattitude préférable envers telle ou telle congrégation religieuse.

Actuellement, lEtat doit protéger davantage le principe de la laïcité des quasi-religions séculaires en comparaison avec même lexpension religieuse. Cette situation se traduit le mieux dans le système de lenseignement, à travers lequel sont imposées de defférentes quasi-religions séculaires à la société de la Russie.

Il faundra défendre le principe de la laïcité non seulement du radicalisme religieux, mais également des idéologies quasi-religieuses (extérieurement non religieuses de tout).

Pratiquement, dans tous les pays de lEurope occidentale le caractère laïque de lEtat est fixé législativement. De plus, dans ces pays se sont formés et fixés juridiquement les relations de partenariat en coopération mutuelle de lEtat avec les congrégations traditionnellement et historiquement enracinées, avec lesquelles sidentifient ou se rapportent, de préférence, la plupart des citoyens de ces Etats.

De telles relations sont lexpression de la volonté des citoyens dans ces Etats, se réalisant à travers les organes correspondants législatifs et exécutifs du pouvoir dEtat.

Les pouvoirs de ces pays se rendent compte du fait que les traditions nationales spirituelles, morales et religieuses font partie de la culture nationale et le refus complet de telles traditions amènerait à lappauvrissement, et comme suite, à la dégradation de la culture nationale.

A titre de conclusion. Dans son autoïdentification nationale et culturelle, la plupart des citoyens de la Fédération de la Russie partent du fait que leurs traditions culturelles sont indissolublement liées aux traditions de la religion concrète historiquement formée et à lorganisation religieuse qui la représente. Mais dans ce cas, lEtat est obligé de prendre en considération, en ce qui conserne, la création de la politique dans la sphère de la culture et de lenseinement, ce fait que la plupart des citoyens de la Fédération de la Russie sidentifient ou expriment lattitude de préférence aux congrégations religieuses traditionnelles. LEtat ne peut pas  être équidistant  de toutes les congrégations religieuses dans lEtat, qui nest pas en droit de passer sous silence les droits légitimes et les intérêts de ses citoyens sidentifiant avec telles ou telles congrégation religieuses traditionnelles, historiquement enracinées dans le pays.

 

Ponkine Igor, Dr (le candidat en droits), Directeur de lInstitut des relations étatiques-confessionnelles et du droit (Russie)

 



[1] .. : . . 13.

[2] Belorgey J.M. Laïcité et démocratie. La laïcité dans une société ouverte // Istanbul. 2526 novembre 1999.

[3] . : . . 31.

[4] . 2026 2001 . 44 (168).

[5] . 2030- XX // . 31 2002 .

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